Diario Oficial El Peruano · 09 Oct 2026 · 21 vistas
Nouvelle réglementation oblige le secteur agricole à gérer la fiente de poule, les lisiers et les rebuts
Por FactBox Admin

Le Pouvoir Exécutif a approuvé le Règlement de Gestion Intégrale des Déchets Solides du Secteur Agraire et de l’Irrigation via le Décret Suprême N° 011-2026-MIDAGRI, publié ce vendredi 9 octobre 2026 dans la section Normes Légales du Journal Officiel El Peruano. La norme oblige les producteurs agricoles, les éleveurs et les agro-industriels de tout le pays à gérer correctement la fiente de poule, la litière de poussins, les lisiers et les matériaux de rebut, et abroge le Décret Suprême N° 016-2012-AG, en vigueur depuis 2012.
Le dispositif a été contresigné par la présidente de la République, Keiko Sofía Fujimori Higuchi, et par le ministre du Développement Agraire et de l’Irrigation, Marco Antonio Vinelli Ruiz, et est daté du 7 octobre 2026 à la Maison du Gouvernement. Le règlement se compose de cinq titres, 46 articles, quatre dispositions complémentaires finales, deux dispositions complémentaires transitoires et quatre annexes.
L’adaptation répond à la huitième disposition complémentaire transitoire du Décret Législatif N° 1278, Loi de Gestion Intégrale des Déchets Solides, qui oblige les autorités sectorielles à actualiser leurs normes en coordination avec le Ministère de l’Environnement (MINAM). Le MIDAGRI, à travers la Direction Générale des Affaires Environnementales Agraires (DGAAA), demeure l’autorité sectorielle responsable de réguler la gestion et le traitement intégral de ces déchets.
Portée : du champ à l’agro-industrie
Le règlement s’applique aux trois niveaux de gouvernement et à toutes les personnes physiques et morales qui exécutent des projets ou des activités du Secteur Agraire et de l’Irrigation sur le territoire national. Le domaine comprend :
- Les terres à usage agricole et de pâturage, les terres forestières et les terres vagues avec aptitude agraire.
- L’agriculture et l’élevage.
- Les ressources forestières et leur exploitation durable.
- La flore et la faune sauvages.
- Les ressources hydriques, l’irrigation et l’infrastructure agraire.
L’Annexe II identifie comme matériaux de rebut valorisables, entre autres, la fiente de poule, la litière de poussins et la fiente de porc ; le lactosérum ; les restes de peaux, de cuirs et de croûtes de tannerie ; les chaumes et les restes de taille ; la poudre de riz et la paille de céréales ; et la fraction solide ou semi-solide d’excréments mélangés à l’eau de lavage, c’est-à-dire les lisiers.
Obligations, interdictions et délais
Les générateurs devront trier les déchets à la source, les stocker selon la Norme Technique Péruvienne 900.058:2019 et élaborer un Plan de Minimisation et de Gestion des Déchets Solides (PMMRS). De plus :
- Enregistrer annuellement la Déclaration Annuelle sur la Minimisation et la Gestion des Déchets Solides non Municipaux dans le SIGERSOL du MINAM.
- Communiquer une seule fois, par déclaration sous serment, la génération de matériaux de rebut à l’autorité environnementale et à l’entité de contrôle.
- Livrer jusqu’à 145 kg par jour de déchets similaires aux déchets municipaux au service municipal ; au-delà de ce seuil, une tarification différenciée s’applique.
- Retourner le Manifeste des Déchets Solides Dangereux (MRSP) signé dans les 15 jours calendaires suivant la réception.
- Effectuer le triple lavage obligatoire des emballages de pesticides à usage agricole.
Le règlement interdit l’incinération des déchets solides du secteur, l’alimentation directe des animaux avec des déchets organiques ainsi que l’abandon ou le jet de déchets dans les espaces publics, les biens du domaine public, les aires naturelles protégées et les cours d’eau.
Valorisation, contrôle et sanctions
La norme donne la priorité à la valorisation matérielle et énergétique par rapport à l’élimination finale. L’Annexe III admet le compostage, le lombricompostage, la biodigestion avec génération de biogaz et de biométhane, la bioconversion, la co-incinération, le co-traitement, la production de pellets et de biochar, entre autres alternatives.
La supervision et le contrôle seront assurés par l’entité compétente, et l’Organisme d’Évaluation et de Contrôle Environnemental (OEFA) devra adapter la typification des infractions. Les amendes ne pourront excéder 10 % du revenu brut annuel de l’infracteur, sauf en cas de récidive ou d’activités dans des zones interdites. L’Autorité Nationale de l’Eau (ANA) sanctionnera le dépôt de déchets dans les cours d’eau.
La mise en œuvre sera financée par le budget institutionnel des entités concernées, sans solliciter de ressources supplémentaires auprès du Trésor Public. Pour les producteurs, ce changement implique de passer d’un règlement de gestion des déchets de 2012 à un schéma d’économie circulaire avec traçabilité des matériaux de rebut, déclarations sous serment et contrôle environnemental effectif.
Source : Diario Oficial El Peruano, Normas Legales, vendredi 9 octobre 2026, pág. 10 (référence officielle : D.S. N° 011-2026-MIDAGRI).