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Diário da República · 05 Nov 2026 · 8 vistas

Le Mécanisme National Anticorruption recommande un contrôle renforcé des risques dans les marchés publics

Por FactBox Admin

Mecanismo Nacional Anticorrupção recomenda controlo reforçado dos riscos na contratação pública

Le Mécanisme National Anticorruption (MENAC) a publié la Recommandation n.º 9/2026, qui alerte toutes les entités adjudicatrices et contractantes publiques sur les risques de corruption découlant des modifications du Code des Marchés Publics (CCP) en vigueur depuis le 1er octobre 2026. Le document, signé par le président du MENAC, José Mouraz Lopes, a été approuvé lors de la réunion du conseil d’administration du 29 octobre et publié au Diário da República, 2e série, n.º 215, du 5 novembre 2026, dans la Partie E, dédiée aux entités administratives indépendantes.

La recommandation tire son origine du Décret-Loi n.º 177/2026 du 4 septembre, qui a introduit des modifications significatives au CCP. Le MENAC identifie cinq changements qui modifient le profil de risque : la flexibilisation et la simplification des procédures, la modification des seuils applicables, l’abrogation de l’exigence de déclaration d’absence de conflit d’intérêts, le renforcement de la numérisation et le poids accru de la phase de planification.

Selon l’organisme, ces modifications « modifient le contexte dans lequel ces risques doivent être prévenus et contrôlés ». Le texte rappelle également que le Régime Général de Prévention de la Corruption (RGPC), approuvé en annexe du Décret-Loi n.º 109-E/2021 du 9 décembre, oblige déjà les entités concernées à identifier, analyser et classer les risques, à adopter des mesures préventives et correctives, à disposer de systèmes de contrôle interne et à prévenir et gérer les conflits d’intérêts.

Documenter les consultations du marché

La recommandation s’adresse, en premier lieu, à toutes les entités adjudicatrices et contractantes publiques visées par le CCP, avec neuf devoirs concrets. Le second oblige à renforcer le contrôle interne lors de la phase préparatoire, en particulier lors des consultations préliminaires du marché, des initiatives spontanées et des tests gratuits ou temporaires de systèmes et technologies de l’information prévus à l’article 35.º-C du CCP.

Les entités doivent documenter les interactions établies, identifier les intervenants, prévenir et gérer les conflits d’intérêts et garantir l’égalité d’accès aux informations pertinentes, en évitant tout avantage concurrentiel indu. Dans une recommandation spécifique sur les initiatives spontanées, le MENAC demande que soit pondéré le risque d’influence de l’opérateur économique sur la définition du besoin public, des spécifications techniques ou de la solution contractuelle.

Conflits d’intérêts à toutes les étapes

Le document exige la prévention, l’identification et la gestion efficace des conflits d’intérêts tout au long de toutes les phases de la procédure, avec des mécanismes de déclaration, de communication et de traitement des situations identifiées, des mesures opportunes garantissant l’impartialité et l’enregistrement des décisions prises. Cette obligation s’articule avec l’article 1.º-A du CCP, l’article 13.º du RGPC et le régime de garanties d’impartialité du Code de la Procédure Administrative.

Le contrôle interne doit s’étendre à l’exécution des contrats, englobant :

  • l’action des gestionnaires de contrat ;
  • les modifications contractuelles ;
  • la sous-traitance et la cession de la position contractuelle ;
  • d’autres modifications susceptibles de modifier le profil de risque initialement identifié.

Le MENAC demande également que les risques liés à l’utilisation de systèmes numériques et d’intelligence artificielle dans la préparation, la formation ou l’exécution des contrats soient pris en compte dans l’évaluation des risques. Les exigences de transparence, d’explicabilité, de supervision humaine, de traçabilité, de sécurité, de protection de l’information et de gestion des conflits d’intérêts liés aux fournisseurs ou aux solutions technologiques doivent être pondérées.

Seuils, fractionnement et plans de prévention

Parmi les neuf devoirs, le MENAC exige des mécanismes qui détectent la fragmentation artificielle de la dépense, notamment des prestations du même type susceptibles de constituer l’objet d’un contrat unique ou autonomisées par différentes unités organiques. Les entités doivent également réévaluer les risques associés à l’augmentation des seuils procéduraux, motiver le choix de la procédure et surveiller la concentration des adjudications, conformément à l’article 16.º du RGPC.

La seconde partie de la recommandation s’adresse aux entités visées par le RGPC, qui doivent réévaluer les risques des procédures de passation de marchés publics et, lorsque cela est justifié, mettre à jour les Plans de Prévention des Risques de Corruption et d’Infractions Connexes (PPR). Elles doivent également articuler les obligations du RGPC avec la présentation des PPR par l’adjudicataire, prévue à l’article 81.º, n.º 9, du CCP.

Le document implique également les organes de surveillance, de contrôle et d’inspection, appelés à vérifier l’adéquation et l’efficacité des mécanismes de prévention, ainsi que le décideur politique, auquel est suggérée une évaluation législative ex post du régime du Décret-Loi n.º 177/2026. La recommandation ne fixe pas de délai d’exécution, mais insiste sur le suivi de l’efficacité des mesures et sur la mise à jour des instruments de prévention chaque fois que l’application des nouvelles règles le justifie.

En pratique, l’avis lie moralement les municipalités, les hôpitaux, les universités, les instituts publics et toutes les autres entités acheteuses à démontrer, par écrit, comment elles contrôlent l’interaction avec les opérateurs économiques et les conflits d’intérêts — une question qui devient un point de vérification obligatoire lors des audits et des inspections.


Source : Diário da República, 2.ª série, n.º 215, du 5 novembre 2026, Partie E (entités administratives indépendantes et administration autonome), p. 1/3 à 3/3 (référence officielle : Recommandation n.º 9/2026, enregistrement 320059225).