Diario Oficial El Peruano · 27 Oct 2026 · 2 vistas
Le Tribunal Constitutionnel annule l'ensemble du processus pénal contre Lourdes Flores Nano
Por FactBox Admin

Le Tribunal Constitutionnel a déclaré fondée la demande d’amparo de Lourdes Celmira Rosario Flores Nano et a annulé l’ensemble du processus pénal engagé contre elle pour des contributions présumées de Constructora Norberto Odebrecht S.A. et Constructora Camargo Correa S.A. à sa campagne présidentielle de 2006. La décision figure dans l’Arrêt 212/2026, rendu dans l’Exp. N° 05762-2025-PA/TC, adopté par le Plénum le 31 août 2026 et publié dans la section Processus Constitutionnels du Journal Officiel El Peruano du mardi 27 octobre 2026 (Année XXII, Nº 4462, pág. 5).
Le jugement déclare la nullité de tout le processus pénal suivi contre la requérante, annule l’enquête préliminaire et l’enquête préparatoire relatives au « Fait 1 : Contributions à la campagne présidentielle 2006 », annule tous les actes ultérieurs qui en découlent et ordonne que le Ministère Public émette la disposition ordonnant l’archivage de la procédure. Le tribunal a soutenu que la violation des principes de légalité et de typicité pénale a été prouvée.
Une imputation appuyée sur une norme postérieure aux faits
Le cœur du raisonnement est que le Parquet a attribué à la demanderesse le délit de blanchiment d’actifs sous la modalité de détention-réception, prévu à l’article 2 de la Loi 27765, alors que la figure de la réception patrimoniale n’a été incorporée à l’ordre juridique péruvien que par le Décret Législatif 1249, en vigueur depuis le 26 novembre 2016.
Pour le Collège, imputer cette variante à des faits de 2006 suppose une application rétroactive de la loi pénale et une transgression du principe de légalité dans son exigence de lex praevia. L’arrêt ajoute que la disposition du procureur n’a pas non plus individualisé le délit source de l’argent ni démontré de manière cohérente que la requérante connaissait ou pouvait présumer son origine illicite à la date des faits.
Le parcours procédural : de la disposition fiscale au Plénum
- 4 avril 2019 : la Disposition 1 ouvre l’enquête préliminaire, avec un délai initial de huit mois.
- 28 décembre 2022 : la Disposition 43, du Septième Bureau du Parquet Supraprovincial Corporatif Spécialisé dans les Délits de Corruption de Fonctionnaires – Équipe Spéciale, formalise et poursuit l’enquête préparatoire pour 36 mois.
- 22 février 2023 : la demande d’amparo est déposée, rectifiée le 5 mai 2023 et admise le 12 juin 2023.
- 10 octobre 2024 et 24 septembre 2025 : le Troisième Tribunal Spécialisé en Matière Constitutionnelle et la Deuxième Chambre Constitutionnelle de la Cour Supérieure de Justice de Lima déclarent la demande irrecevable, en première et deuxième instance.
- 28 mai 2026 : par la Résolution 4, le Premier Tribunal d’Enquête Préparatoire Nationale déclare fondée l’exception d’irrecevabilité de l’action et ordonne le non-lieu.
- 30 juin 2026 : la Disposition 7 conclut l’enquête préparatoire ; les appels du Huitième Bureau du Second Parquet Supraprovincial Corporatif Spécialisé dans les Délits de Blanchiment d’Actifs et de la Procureur Publique Ad Hoc Affaire Odebrecht sont accordés le même jour.
Le tribunal a justifié sa décision malgré le fait que la résolution favorable n’était pas définitive, en constatant un retard judiciaire, et a précisé que l’enquête préliminaire a duré trois ans et presque neuf mois et l’enquête préparatoire trois ans et six mois : soit sept ans et deux mois au total.
Les montants décrits dans la thèse du parquet
Le jugement résume l’imputation concrète : la requérante a été candidate à la présidence pour le Parti Populaire Chrétien en 2006, avec une formule inscrite en janvier de cette année-là auprès du Jury Électoral Spécial de Lima Centre. Selon le Parquet :
- Odebrecht aurait remis environ 10 000 US$ et 15 000 US$, après des réunions en décembre 2005 au cours desquelles un soutien de 500 000 US$ a été évoqué.
- Camargo Correa aurait apporté 100 000 US$ par l’intermédiaire de Marco de Moura Wanderley, dont 20 000 US$ ont été destinés à la campagne parlementaire de Horacio Cánepa Torre.
- L’argent n’a été ni bancarisé ni déclaré comme contribution auprès de l’ONPE.
Le tribunal a également rappelé que l’accord de culpabilité d’Odebrecht avec le gouvernement des États-Unis, le 21 décembre 2016, a reconnu des paiements corrompus pour un montant de 29 millions US$ entre 2005 et 2014.
Votes singuliers et portée de la décision
Le jugement a recueilli les votes singuliers des magistrats Pacheco Zerga et Monteagudo Valdez, qui ont considéré que la demande devait être déclarée irrecevable en raison de l’existence d’une voie ordinaire appropriée et parce qu’il s’agissait d’une question de qualification réservée à la justice pénale. L’arrêt a été signé par Domínguez Haro, qui a présidé le Plénum, ainsi que par Morales Saravia, Gutiérrez Ticse, Ochoa Cardich — rapporteur — et Hernández Chávez.
La décision s’appuie sur le critère de l’Arrêt 185/2025, rendu dans l’Exp. 02109-2024-PHC/TC, concernant la validité du Décret Législatif 1249. Pour les lecteurs, le jugement clôt, au niveau constitutionnel, une enquête de près d’une décennie liée à l’affaire Odebrecht et fixe une limite claire : on ne peut imputer une modalité délictuelle créée postérieurement aux faits, même si l’enquête fiscale était déjà avancée.
Source : El Peruano, Année XXII, Nº 4462, mardi 27 octobre 2026, section Procès Constitutionnels, pág. 5 (référence officielle : W-2565014-1).