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JORF · 30 Oct 2026 · 4 vistas

Réparation des rapatriés d'Indochine : indemnisation forfaitaire et journée nationale du 8 juin

Por FactBox Admin

Réparation des rapatriés d'Indochine : indemnisation forfaitaire et journée nationale du 8 juin

La Nation reconnaît sa responsabilité dans l’indignité des conditions d’accueil et de vie imposées aux rapatriés d’Indochine sur le territoire français, et leur ouvre droit à une réparation financière forfaitaire. Cette reconnaissance figure dans la loi n° 2026-1008 du 29 octobre 2026, signée le 29 octobre et publiée au JORF n°0254 du 30 octobre 2026, sous le NOR : ARMX2516107L. Le texte, qui compte sept articles, institue également une journée nationale d’hommage et des lieux de mémoire.

Le dispositif est issu d’une proposition de loi adoptée par l’Assemblée nationale (n° 685, 2024-2025). Au Sénat, la commission des affaires sociales en a été saisie au fond, avec Jocelyne Guidez comme rapporteure ; son rapport et son texte (n° 65 et n° 66, 2026-2027) ont été déposés à la mi-octobre, avant l’adoption définitive du texte.

La période de référence retenue par la loi est précise : elle court du 22 juillet 1954, lendemain des accords de Genève qui mettent fin à la guerre d’Indochine, au 31 décembre 1975. Elle couvre donc plus de vingt ans d’accueil des rapatriés, militaires, membres des formations supplétives, agents publics et civils, ainsi que leurs familles.

Une reconnaissance qui vise les structures d’accueil

L’article 1er exprime d’abord la reconnaissance de la Nation envers les rapatriés militaires, les anciens membres des formations supplétives et les agents publics qui ont servi la France en Indochine. Le second alinéa franchit un pas supplémentaire : l’État reconnaît sa responsabilité du fait de l’indignité de l’accueil des civils rapatriés et de leurs familles, « hébergés dans des structures de toute nature » où ils ont subi des conditions de vie particulièrement précaires.

Le texte décrit explicitement ces privations et ces atteintes aux libertés individuelles comme des sources d’exclusion, de souffrances et de « traumatismes durables par delà les générations ». La liste des structures concernées n’est pas fixée par la loi elle-même : elle renvoie à un décret.

Une somme forfaitaire selon la durée du séjour

L’article 3 ouvre la réparation aux personnes visées au second alinéa de l’article 1er qui ont séjourné, entre le 22 juillet 1954 et le 31 décembre 1975, dans l’une des structures d’accueil listées par décret.

  • La réparation prend la forme d’une somme forfaitaire.
  • Son montant tient compte de la durée du séjour.
  • Les conditions de versement et le barème seront déterminés par décret.
  • Ce montant est réputé couvrir les préjudices de toute nature subis du fait de ce séjour.

L’article 4 confie l’instruction et le jugement des demandes à l’autorité déjà compétente pour les pensions militaires d’invalidité, par l’ajout d’un 3° ter à l’article L. 611-5 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre.

8 juin, Noyant-d’Allier et Sainte-Livrade-sur-Lot

L’article 2 institue une journée nationale d’hommage aux morts pour la France en Indochine, aux combattants, aux membres des formations supplétives et aux rapatriés. Elle honore aussi ceux qui leur ont porté secours lors du rapatriement et de l’accueil. La date est fixée au 8 juin.

Le même article prévoit des lieux de mémoire, « en particulier à Noyant-d’Allier et Sainte-Livrade-sur-Lot » — deux communes qui ont accueilli des centres d’hébergement de rapatriés. La liste complète et les modalités de mise en œuvre seront fixées par décret.

Une indemnisation défiscalisée, financée par le tabac

Les articles 5 et 6 sécurisent le régime fiscal de la somme versée. Elle est exonérée d’impôt sur le revenu, par l’insertion d’un d bis au 4° de l’article 81 du code général des impôts, et exclue de l’assiette des prélèvements sociaux visés à l’article L. 136-1-3 du code de la sécurité sociale.

L’article 7 organise la compensation financière : la charge pour l’État et les pertes de recettes, y compris pour les organismes de sécurité sociale, sont couvertes par une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs.

Pour les familles concernées, l’essentiel reste à venir : le décret doit fixer la liste des structures, le barème et les modalités de dépôt des demandes. La loi pose le principe de la réparation et de la reconnaissance, mais le montant effectivement versé dépendra de ce texte d’application, tout comme la portée concrète de la journée du 8 juin et des lieux de mémoire.

Source : JORF n°0254 du 30 octobre 2026, loi n° 2026-1008 du 29 octobre 2026, NOR : ARMX2516107L.