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Registro Oficial del Ecuador · 26 Oct 2026 · 2 vistas

Putumayo approuve une ordonnance pour protéger les personnes en mobilité humaine

Por FactBox Admin

Putumayo aprueba ordenanza para proteger a personas en movilidad humana

Le conseil municipal du Gouvernement Autonome Décentralisé Municipal du Canton Putumayo a promulgué l’Ordonnance pour la Promotion et la Protection des Droits des Personnes en Mobilité Humaine et de leurs Familles, publiée au Registre Officiel, Édition Spéciale Nº 1714 du lundi 26 octobre 2026. La norme déclare comme politique publique cantonale la protection des migrants, réfugiés, demandeurs d’asile, apatrides, déplacés et rapatriés, et oblige à transversaliser cette approche dans tous les plans, programmes et services municipaux. Le canton, situé dans la province de Sucumbíos, est un espace trifrontalier où convergent des flux colombiens, péruviens et vénézuéliens.

Procédure et fondement normatif

L’ordonnance a été discutée en premier débat le 10 juillet 2025 et en second débat le 7 avril 2026, selon la certification du secrétaire général Nelson Wilfrido Guamán Guerrero. Elle a été sanctionnée par le maire Ángel Armando Rea Gualoto le 14 avril 2026 et signée à Puerto El Carmen le 14 octobre 2026 ; le texte occupe 31 pages et se structure en sept titres et 31 articles.

Le corps législatif s’appuie sur les articles 40, 41 et 416 de la Constitution de la République de l’Équateur, sur la Loi Organique de Mobilité Humaine — dont les articles 165 et 166 attribuent des compétences aux GAD cantonaux — et sur le Code Organique d’Organisation Territoriale, d’Autonomie et de Décentralisation. Parmi ses principes figurent l’universalité, le principe pro-persona, l’intérêt supérieur de l’enfant, la citoyenneté universelle, l’égalité et la non-discrimination, l’interculturalité, l’hospitalité et l’accueil.

Un canton trifrontalier avec 1 123 immigrés recensés

L’exposé des motifs dimensionne le phénomène avec des chiffres officiels :

  • 1 123 immigrés internationaux dans le canton, selon l’INEC (2022), dont 863 résident en zone rurale et 260 en zone urbaine.
  • 608 femmes et 515 hommes parmi cette population immigrée.
  • Plus de 77 000 personnes reconnues comme réfugiées en Équateur, selon le HCR (2024), dont 95 % de nationalité colombienne.
  • Environ 444 000 personnes vénézuéliennes dans le pays, selon les estimations du Groupe de Travail pour les Réfugiés et Migrants (GTRM).
  • Près de 3,2 % de la population équatorienne est réfugiée ou migrante forcée de fuir son pays.

Coordination mensuelle et obligations locales

Le texte crée un espace d’articulation en matière de mobilité humaine au sein du Réseau Cantonal de Protection des Droits, avec un examen mensuel des situations, des besoins, des risques et des éventuelles violations. Cet espace pourra émettre des recommandations au Conseil Cantonal de Protection des Droits et à la municipalité, et ses fonctions incluent :

  • Incorporer l’approche de mobilité humaine dans les politiques, plans et projets locaux.
  • Identifier les cas d’enfants et d’adolescents non accompagnés ou séparés de leurs familles.
  • Coordonner l’orientation, l’assistance et la protection des personnes en situation de vulnérabilité ou victimes de violence.
  • Promouvoir l’information, la sensibilisation et la formation des agents publics et des acteurs communautaires.
  • Impulser l’intégration socio-économique à travers des initiatives entrepreneuriales, des foires et des formations municipales.

La Direction de l’Inclusion pour le Développement Social et Économique et le Conseil Cantonal de Protection des Droits seront les instances responsables de la coordination et de l’exécution des actions, et la municipalité pourra signer des conventions avec d’autres niveaux de gouvernement, des organismes de coopération internationale et des organisations non gouvernementales.

Délais et financement

Les dispositions transitoires fixent deux délais à compter de l’entrée en vigueur :

  • 60 jours pour socialiser l’ordonnance avec les institutions du Réseau Cantonal de Protection des Droits et les espaces de participation existants.
  • 90 jours pour incorporer progressivement l’approche de mobilité humaine dans les instruments de planification et former les agents publics qui accueillent cette population.

L’article 31 conditionne la mise en œuvre à la planification et à la disponibilité budgétaire municipale, et habilite la gestion de mécanismes de coopération et de concours avec des entités publiques, privées et de la société civile. La norme entre en vigueur dès son approbation et sa sanction, sans préjudice de sa publication dans la gazette officielle municipale et dans le Registre Officiel.

L’ordonnance fait de Putumayo l’une des municipalités équatoriennes disposant d’un cadre normatif propre pour l’accueil de la population en mobilité humaine, dans un territoire où la frontière n’est pas seulement géographique : elle fixe des obligations concrètes d’information, d’orientation et de suivi mensuel, et déplace le débat migratoire du domaine national vers le service quotidien que la municipalité rend à ses habitants, y compris les étrangers qui résident déjà dans le canton.


Source : Registre Officiel, Édition Spéciale Nº 1714, lundi 26 octobre 2026, section I, pág. 1 (référence officielle : Édition Spéciale Nº 1714).