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Diario Oficial El Peruano · 06 Nov 2026 · 11 vistas

Le Pérou interdit sur tout le littoral l'utilisation active des trémails et des filets rideaux

Por FactBox Admin

Perú prohíbe en todo el litoral el uso activo de trasmallos y redes de cortina

Le Ministère de la Production a interdit sur tout le littoral national l’utilisation active des filets maillants (rideau) et des trammayots dans trois modalités spécifiques de pêche, avec ou sans embarcation. La décision figure dans la Résolution Ministérielle N° 00395-2026-PRODUCE, signée le 5 novembre 2026 par le ministre Juan Carlos Requejo Aleman et publiée le lendemain dans la section Normes Légales du Journal Officiel El Peruano, à la page 16. Ceux qui s’adonnent à ces pratiques commettent une infraction administrative sanctionnable et le secteur devra migrer vers des engins de pêche passifs.

La norme s’appuie sur le Décret-Loi N° 25977, Loi Générale de la Pêche, et son Règlement approuvé par le Décret Suprême N° 012-2001-PE, qui habilitent le secteur à déterminer les méthodes de pêche admissibles. Le support technique provient de l’Institut de la Mer du Pérou (IMARPE), dont les rapports et études ont conclu que ces modalités, conçues à l’origine comme passives, sont désormais employées de manière active en étant halées ou déplacées pendant la capture, ce qui altère leur principe d’opérabilité. Le Bureau Général du Conseil Juridique du ministère a déclaré légalement viable l’émission de la résolution via le Rapport N° 00001480-2026-PRODUCE/OGAJ.

Les trois modalités interdites

L’article 2 de la résolution décrit avec précision technique chaque méthode, afin de faciliter son identification lors des opérations de contrôle :

  • Filet maillant dérivant : filet de fond disposé perpendiculairement à la ligne de côte, porté par un pêcheur ou un plongeur vers le large et halé depuis la plage en formant un demi-cercle ; il peut comprendre plus d’un panneau.
  • Filet maillant en V avec rondelle active : système de câbles en forme de V, avec ancrage de fond via une rondelle et deux points de fixation sur la plage, calé ou remonté depuis le rivage vers les rochers et les falaises.
  • Filet maillant dérivant avec bidon : filet relié à un bidon flottant et à une embarcation, tendu perpendiculairement ou diagonalement à la côte et déplacé avant le déferlement de la vague.

L’article 3 précise que ces modalités constituent des méthodes de pêche non autorisées, car elles altèrent de manière active le principe d’opérabilité passive qui caractérise les filets maillants et trammayots lorsqu’ils sont tendus verticalement sous forme de rideau dans la colonne d’eau.

Risque écologique et antécédents normatifs

L’IMARPE, dans l’étude de caractérisation des engins de pêche dans la province de Cañete (2024-2025), a documenté que l’enchevêtrement de ces filets dans les formations récifales et les falaises provoque des dommages mécaniques sévères au substrat. Il a également averti que les filets perdus ou abandonnés continuent de capturer la faune indéfiniment — le phénomène appelé pêche fantôme — et agissent comme une source persistante de pollution plastique, en plus d’augmenter les captures accidentelles de juvéniles, de tortues, de mammifères et d’oiseaux marins.

Le rapport a également alerté sur un risque pour les pêcheurs eux-mêmes : la modalité de filet dérivant avec bidon opère dans la zone de déferlement et a été associée à des accidents avec perte de vies humaines, ainsi qu’à la perte fréquente des engins de pêche. L’organisme a recommandé de migrer vers des engins passifs à haute sélectivité, tels que les lignes et les hameçons.

L’interdiction s’ajoute à des réglementations antérieures : la Résolution Ministérielle N° 304-2022-PRODUCE, qui interdit les filets maillants activés par des plongeurs, et la Résolution Ministérielle N° 112-2009-PRODUCE, qui interdit les senneaux de plage. Selon le dossier, ces pratiques persistaient de manière informelle malgré les restrictions en vigueur.

Sanctions et responsables de l’application

L’article 4 renvoie les infractions au régime général : le Décret-Loi N° 25977, son Règlement et le Règlement de Fiscalisation et Sanction des Activités Pêches et Aquacoles, approuvé par le Décret Suprême N° 017-2017-PRODUCE. Le paragraphe 14 de l’article 134 du Règlement de la Loi Générale sur la Pêche qualifie d’infraction le fait d’avoir à bord ou d’utiliser un engin de pêche non autorisé ou d’altérer son usage actif ou passif.

Les tâches de diffusion et de surveillance sont confiées à :

  • La Direction Générale des Politiques et de l’Analyse Réglementaire de la Pêche et de l’Aquaculture.
  • La Direction Générale de Supervision, Fiscalisation et Sanction.
  • La Direction Générale de la Pêche Artisanale.
  • Les services compétents en matière de pêche des Gouvernements Régionaux.
  • La Direction Générale des Capitaneries et Gardecôtes de la Marine de Guerre du Pérou, du Ministère de la Défense.

L’article 6 dispose la publication de la résolution sur le siège numérique du ministère (www.gob.pe/produce) le jour même de sa parution dans le journal officiel.

La portée de la mesure est significative pour les ports artisanaux de tout le pays : elle oblige à réorganiser les activités dans les zones de déferlement, les zones rocheuses et les falaises, où ces filets concentraient les captures d’espèces rocheuses et à forte demande commerciale. La norme transfère également aux gouvernements régionaux et à la Marine de Guerre un rôle actif de surveillance sur un littoral étendu, ce qui définira en pratique le degré de respect de l’interdiction.

Source : Journal Officiel El Peruano, édition du vendredi 6 novembre 2026, Normes Légales, p. 16 (référence officielle : R.M. N° 00395-2026-PRODUCE).