EUR-Lex · 05 Nov 2026 · 8 vistas
L'Autorité de surveillance de l'AELE poursuit l'Islande sur la primauté du droit de l'Espace économique européen
Por FactBox Admin

L’Autorité de surveillance de l’AELC a traduit l’Islande devant la Cour de l’AELC pour ne pas avoir garanti que les règles de l’Espace économique européen mises en œuvre priment sur les dispositions contradictoires du droit national, empêchant ainsi les particuliers et les opérateurs économiques de se prévaloir des droits conférés par ces règles. L’action, enregistrée sous le numéro d’affaire E-14/26, a été introduite le 30 septembre 2026 et publiée au Journal officiel de l’Union européenne, série C, du 5 novembre 2026 sous la référence de document C/2026/5940.
Le litige porte sur deux dispositions de l’architecture de l’EEE : le Protocole 35 EEE, qui oblige les parties contractantes à assurer la primauté des règles de l’EEE mises en œuvre dans leurs ordres juridiques internes, et l’Article 3 EEE, qui les oblige à prendre toutes les mesures nécessaires pour remplir leurs obligations conventionnelles. Selon la requête, l’Islande n’a pas adopté les mesures nécessaires pour rendre cette primauté effective, une lacune qui, selon l’Autorité, a persisté à travers des arrêts successifs de la Cour suprême d’Islande.
Une décennie d’avertissements avant le renvoi
La requête reconstitue une procédure de conformité qui a duré plus de quatorze ans avant d’atteindre la cour basée à Luxembourg :
- 11 avril 2012 : l’Autorité a demandé à l’Islande si les arrêts de la Cour suprême cités dans sa demande jetaient un doute sur la conformité du pays au Protocole 35 EEE ; l’Islande n’a pas répondu.
- 13 décembre 2017 : une mise en demeure a conclu que l’Islande avait enfreint le Protocole 35 EEE et l’Article 3 EEE, des observations étant demandées pour le 13 février 2018.
- 18 décembre 2018 : le gouvernement islandais a répondu qu’un groupe de travail avait été mis en place, dont le rapport et les conclusions préliminaires avaient été présentés au ministère des Affaires étrangères en août 2018.
- 30 septembre 2020 : l’Autorité a rendu un avis motivé demandant à l’Islande de se mettre en conformité d’ici le 30 décembre 2020.
- 30 avril 2021 : après avoir obtenu une prolongation, le gouvernement a soutenu par écrit que l’article 3 de la loi islandaise sur l’EEE satisfaisait déjà aux obligations du pays.
- 30 septembre 2026 : l’Autorité a décidé de porter l’affaire devant la Cour de l’AELC.
Ce que l’Autorité demande à la cour de trancher
La requête contient deux chefs de demande. Premièrement, l’Autorité demande à la cour de déclarer qu’en ne prenant pas les mesures nécessaires pour garantir que les règles de l’EEE mises en œuvre prévalent sur les dispositions nationales contradictoires, et en ne garantissant ainsi pas que les particuliers et les opérateurs économiques puissent se prévaloir de leurs droits dérivés de l’EEE, l’Islande a manqué à ses obligations en vertu du Protocole 35 EEE et de l’Article 3 EEE. Deuxièmement, elle demande à la cour de condamner l’Islande au paiement des frais de procédure.
Qui agit pour le compte de l’Autorité
L’Autorité de surveillance de l’AELC est représentée dans la procédure par cinq agents agissant en son nom :
- María Escobar Gómez
- Hildur Hjörvar
- Johanne Førde
- Sigrún Ingibjörg Gísladóttir
- Melpo-Menie Joséphidès
Toutes sont mentionnées comme agissant en qualité d’agents de l’Autorité, avec une adresse à Avenue des Arts 19H, 1000 Bruxelles, Belgique.
L’importance de l’affaire dépasse la procédure interétatique. Si la cour approuve l’interprétation de l’Autorité, les entreprises et les parties privées opérant en Islande disposeraient d’une base plus solide pour invoquer des droits dérivés de l’EEE devant les tribunaux nationaux, même lorsque les lois nationales stipulent le contraire, tandis qu’une décision en faveur de l’Islande laisserait la force pratique du Protocole 35 de l’EEE dépendante de la manière dont le législateur national et la Cour suprême choisissent de l’appliquer. L’affaire teste également la rigueur avec laquelle l’Autorité de surveillance de l’EFTA peut contrôler la dimension constitutionnelle de l’adhésion à l’EEE, un domaine où le texte du traité laisse le mécanisme de primauté aux parties contractantes, mais pas le résultat.
Source : Journal officiel de l’Union européenne, série C, C/2026/5940, 5 novembre 2026, p. 1/1 (référence officielle : C/2026/5940).