BOE · 27 Oct 2026 · 6 vistas
Compteurs de gaz intelligents : obligatoires pour tous les foyers d'ici dix ans
Por FactBox Admin

Le Ministère de la Transition Écologique et du Défi Démographique a approuvé le plan rendant obligatoire le remplacement des compteurs de gaz naturel analogiques par des compteurs intelligents dans tous les points de fourniture dont la consommation annuelle est égale ou inférieure à 50 000 kWh. L’Arrêté TED/1122/2026, du 23 octobre, est publié dans le Bulletin Officiel de l’État n° 266 du mardi 27 octobre 2026 et entre en vigueur le lendemain de sa publication. Le calendrier fixe le remplacement d’au moins 20 % du parc en trois ans et de 100 % dans un maximum de dix ans.
La norme développe le mandat de l’article 14 du Décret-loi royal 18/2022, du 18 octobre, qui ordonnait déjà le déploiement de compteurs intelligents pour les consommateurs allant jusqu’à 50 000 kWh annuels et renvoyait le plan et les spécifications à un arrêté ministériel. La mesure affecte l’ensemble du parc domestique et commercial : les compteurs de débit maximum égal ou inférieur à 25 m³/h ont une durée de vie de vingt ans fixée par l’Arrêté ICT/155/2020, du 7 février, avec des délais de remplacement ultérieurement étendus à treize ans par l’Arrêté ITU/1475/2024, du 17 décembre.
L’impulsion définitive est arrivée après avoir constaté que l’analyse coût-bénéfice s’avère positive avec les prix énergétiques actuels. Le rapport de la Commission Nationale des Marchés et de la Concurrence (INF/DE/023/21), élaboré en 2021 avec un gaz à 17,7-22,3 €/MWh et des droits d’émission à 43-45 €/tCO₂, affichait une valeur actuelle nette de 14 millions dans le scénario de remplacement par ancienneté et de -30 millions dans le scénario généralisé. Avec les prix de 2023 et 2024 (39,12 et 38,08 €/MWh de gaz ; 83,60 et 64,66 €/tCO₂) et ceux de juin 2026 (environ 50 €/MWh et 76 €/tCO₂), l’arrêté conclut que les deux scénarios seraient positifs et que l’implantation est obligatoire.
Quatre étapes pour le parc domestique
Les distributeurs devront remplacer et intégrer dans leur système de télégestion, selon l’annexe I :
- Au moins 20 % du total des compteurs analogiques en trois ans.
- Au moins 50 % en cinq ans.
- Au moins 80 % en sept ans.
- 100 % dans un maximum de dix ans, avec une marge résiduelle maximale de 2 % du parc pour des causes non imputables, laquelle devra être justifiée et approuvée par la CNMC.
Pour les fournitures de plus de 50 000 kWh et jusqu’à 5 GWh, l’annexe II exige des systèmes de télérelève pour 50 % des points à cinq ans, 80 % à sept ans et 100 % à dix ans. La conformité est mesurée par groupe d’entreprises.
Hydrogène, alarmes et communication à distance
Les équipements devront respecter, au minimum, ces fonctionnalités :
- Communication bidirectionnelle sécurisée avec le système de télégestion du titulaire du réseau.
- Déconnexion à distance de l’alimentation, au moins jusqu’à 150 mbar de pression de mesure.
- Identification et transmission d’alarmes et d’événements, y compris les indices de manipulation.
- Mesure de la consommation journalière ajustée au jour gazier et envoi des données tous les trois jours maximum.
- Stockage local d’au moins 65 relevés journaliers et mise à jour logicielle à distance.
- Dimensions conformes à la norme UNE 60510 et remplacement de la batterie sans désinstaller le compteur ni rompre le sceau métrologique.
- Compatibilité avec des flux de gaz contenant au moins 20 % mol d’hydrogène.
Les technologies de communication privilégiées sont le NB-IoT et le LoRaWAN, le GPRS étant limité aux cas exceptionnels, et le protocole devra être ouvert et non propriétaire. Chaque distributeur publiera sur son site web une liste comprenant au moins trois modèles commerciaux compatibles.
Avis, visites et accès gratuit aux données
Le distributeur communiquera l’obligation de remplacer le compteur trois mois à l’avance et informera de la date et du créneau horaire de la visite quinze jours calendaires auparavant, dans un intervalle qui ne pourra excéder quatre heures. Si la visite échoue, l’utilisateur disposera de dix jours ouvrables pour convenir d’un autre rendez-vous ; si une installation intérieure inadéquate est détectée, il disposera de six mois pour la mettre en conformité. L’installation n’aura aucun coût pour l’utilisateur, sauf en cas de modifications substantielles de l’installation, et le consommateur pourra opter pour un compteur en propriété ou en location.
Le consommateur accèdera gratuitement, via le web et une application mobile, à ses données journalières des vingt-quatre mois précédents, avec un décalage maximum de trois jours, et aux données cumulées d’au moins trois ans, téléchargeables au format CSV. Les distributeurs devront proposer une API commune et gratuite dans un délai de deux ans et la plateforme de données dans un an.
Rapports annuels et rôle de la CNMC
Les distributeurs transmettront avant le 1er mars de chaque année un rapport d’exécution à la Direction Générale de la Politique Énergétique et des Mines, à la CNMC et à l’organe autonome compétent, avec le détail par municipalité, province et communauté, y compris les visites infructueuses et leurs motifs. Après trois ans, la Direction Générale élaborera une évaluation du déploiement. L’arrêté est signé par la troisième vice-présidente et ministre Sara Aagesen Muñoz.
Le déploiement transforme le compteur en porte d’entrée de la numérisation gazière : il permet des relevés journaliers sans estimations, la détection de fraudes et d’anomalies, et offre aux foyers des informations pour réduire leur consommation. Le coût du remplacement n’incombe pas à l’utilisateur, qui ne ressentira le nouveau prix de location que lorsque l’équipement sera pleinement intégré et qu’il pourra consulter ses données, conformément à la norme.
Source : Bulletin Officiel de l’État, nº 266, 27 octobre 2026, Sec. III. Autres dispositions, pág. 143678 (référence officielle : BOE-A-2026-22515).