Boletín Oficial del Principado de Asturias · 28 Sep 2026 · 9 vistas
Les Asturies exonèrent du remboursement des prestations vitales en cas d'erreurs de l'Administration
Por FactBox Admin

La Principauté des Asturies ne pourra exiger le remboursement du salaire social de base ni d’autres prestations vitales lorsque le paiement indu est dû à un retard, une erreur ou un manque de diligence de l’Administration elle-même. La Loi 6/2026, du 10 septembre, publiée au Bulletin Officiel de la Principauté des Asturies (BOPA) n° 187, du 28 septembre 2026, modifie la Loi 3/2021, du 30 juin, sur la Garantie des Droits et Prestations Vitales, et entre en vigueur le 29 septembre, le lendemain de sa publication.
La norme a été approuvée par la Junta General de la Principauté des Asturies et promulguée par le Président de la Principauté, Adrián Barbón Rodríguez, à Oviedo le 10 septembre 2026. Son objectif est de corriger l’application automatique de la règle générale de remboursement de l’article 18 de la Loi 3/2021, qui pouvait jusqu’à présent obliger des personnes vulnérables à rembourser, des années plus tard, des sommes modestes déjà consommées pour des dépenses de subsistance, malgré le respect de leur obligation de communiquer tout changement de circonstances.
Le texte s’appuie sur la doctrine de la Cour européenne des droits de l’homme fixée dans l’arrêt du 26 avril 2018 (affaire Čakarević c. Croatie) et sur la jurisprudence de la quatrième chambre du Tribunal Suprême, et prend comme référence la Loi 9/2025, du 13 novembre, de Catalogne, tout en optant pour une réglementation sectorielle propre.
Les quatre conditions pour être exonéré du remboursement
La loi ajoute un nouvel article 18 bis à la Loi 3/2021, qui exclut le remboursement lorsque ces circonstances sont réunies de manière cumulative :
- Que la personne titulaire ou bénéficiaire ait communiqué la variation de ses circonstances personnelles, familiales, économiques, de cohabitation ou de résidence dans le délai légal.
- Que cette communication soit véridique et suffisante pour identifier la personne, le dossier et la variation, par tout moyen juridiquement valable, y compris les centres municipaux de services sociaux.
- Que la continuité du paiement soit causée par un défaut de traitement, un retard ou toute omission imputable à l’Administration concédante.
- Que la personne n’ait pas contribué au paiement indu par des données fausses, une dissimulation, une fraude, la mauvaise foi ou une résistance à la vérification.
L’exclusion couvrira les sommes versées à partir de la date à laquelle la révision, la suspension, la réduction ou l’extinction aurait dû produire ses effets. La résolution refusant cette protection devra être motivée de manière expresse et individualisée.
Présomption après trois mois et plans de paiement flexibles
La norme présume que le paiement indu est imputable à l’Administration lorsqu’un délai de trois mois s’est écoulé depuis la communication sans que la résolution mettant fin à la procédure de révision n’ait été notifiée. Dans le cas du salaire social de base, elle renvoie à l’article 29.3 de la Loi 3/2021.
Lorsque l’exonération totale n’est pas applicable mais qu’il n’existe ni fraude ni mauvaise foi, l’Administration ne pourra exiger d’intérêts de retard, de majorations ni de frais, et devra proposer un plan de remboursement flexible adapté à la capacité économique réelle de la personne et de son unité de cohabitation, avant d’engager la voie de l’exécution forcée ou la compensation d’office.
Effets rétroactifs et restitution des sommes déjà remboursées
La disposition transitoire unique attribue une efficacité rétroactive au nouveau régime. Il s’appliquera aux procédures de recouvrement ou de révision non initiées, en cours de traitement ou en attente de résolution, ainsi qu’aux résolutions fermes de recouvrement non intégralement acquittées, lesquelles deviendront sans effet à la demande de la personne intéressée.
Ceux qui auraient déjà remboursé totalement ou partiellement des sommes entrant dans le champ de l’article 18 bis pourront en demander la restitution dans un délai d’un an à compter de l’entrée en vigueur. À partir de la demande, toutes les actions de recouvrement seront suspendues, sauf indices motivés de fraude. Cette mesure n’affecte pas les obligations prescrites ni les situations résolues par un jugement définitif.
Sans diminution d’autres aides et coordination avec le Trésor et la Sécurité Sociale
Une nouvelle disposition additionnelle troisième établit que les sommes restituées ou non exigées ne seront pas comptabilisées comme revenu ou rente aux fins d’autres prestations, bourses, aides aux études ou aides à la cantine. La Principauté des Asturies promouvra des mécanismes de coordination avec l’Agence Étatique d’Administration Tributaire, l’Institut National de la Sécurité Sociale et les entités locales.
La disposition additionnelle première considère que les conditions de communication sont remplies lorsque la personne bénéficiaire du salaire social de base a consenti à la cession de données prévue à l’article 32 de la Loi 19/2021, du 20 décembre, relative au Revenu Minimum Vital. En outre, le ministère compétent devra dicter des instructions dans un délai d’un mois pour identifier les dossiers concernés et suspendre les actions de recouvrement.
L’impact de la loi est direct pour des milliers de bénéficiaires de prestations vitales dans les Asturies : ceux qui ont agi de bonne foi et ont communiqué leurs changements dans les délais cessent de traîner des dettes dérivées du fonctionnement de l’Administration elle-même, avec des effets sur des dossiers déjà clos et des sommes déjà payées.
Source : Bulletin Officiel de la Principauté des Asturies, n° 187 du 28 septembre 2026, I. Dispositions Générales, p. 1-4 (référence officielle : 2026-07796).