FactBox.

JORF · 21 Oct 2026 · 1 vistas

Imerys obtient la concession de lithium de Beauvoir jusqu'en 2075

Por FactBox Admin

Imerys obtient la concession de lithium de Beauvoir jusqu'en 2075

Le décret n° 2026-969 du 20 octobre 2026 accorde à la société IMERYS BEAUVOIR l’octroi de la concession de mines de lithium, étain, tantale et niobium dite de « Beauvoir », valable jusqu’au 23 mai 2075. Le texte, pris par le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, est publié au JORF n° 0246 du 21 octobre 2026 sous le NOR : ECOR2626803D.

La concession est le titre d’exploitation minière de longue durée prévu par le code minier : elle ne se confond pas avec un permis de recherches, mais fixe le cadre dans lequel les travaux d’extraction pourront être autorisés. Son octroi est subordonné au respect d’un cahier des charges annexé, prévu au III de l’article L. 114-3 du code minier.

Le mouvement est engagé depuis plusieurs mois dans la même région. Un arrêté du 31 juillet 2026 a accordé à la société 2Gré un permis exclusif de recherches de mines de lithium dit « Bassin de Limagne », d’une superficie de 442,68 km² dans le Puy-de-Dôme, pour cinq ans et un engagement financier de 11 950 000 euros. Un avis de mise en concurrence publié le 16 septembre 2026 porte par ailleurs sur un « Permis Brivadois » de 320,46 km² environ, demandé par COFORGIA BR dans le Cantal et la Haute-Loire, incluant lui aussi le lithium.

Quatre communes et quatre substances

Le périmètre couvre trois communes de l’Allier — Nades, Échassières et Lalizolle — et une commune du Puy-de-Dôme, Servant. Il est délimité par un polygone de sept sommets cotés dans le système de référence RGF93 – Lambert 93, dont les coordonnées figurent en annexe du décret.

Le titre porte sur quatre substances :

  • le lithium, objet principal du projet ;
  • l’étain ;
  • le tantale ;
  • le niobium.

La société titulaire, IMERYS BEAUVOIR, est identifiée sous le SIREN 925390734.

Un cahier des charges sous surveillance

Le décret encadre l’exploitation par des obligations précises. Le concessionnaire doit mettre en œuvre les mesures d’évitement, de réduction, de compensation et d’accompagnement de son étude de faisabilité environnementale, économique et sociale, complétée par sa réponse écrite à l’avis environnemental du 15 janvier 2026.

Il doit aussi transmettre chaque année au ministre chargé des mines, avant le 30 juin, un rapport d’indicateurs portant notamment sur :

  • le tonnage annuel alimentant l’usine de concentration de Beauvoir ;
  • le tonnage annuel de stériles ;
  • le tonnage annuel de concentré de mica ;
  • le tonnage annuel de résidus de concentration ;
  • la teneur moyenne annuelle en lithium, en pourcentage de Li2O, à l’entrée de l’usine ;
  • la teneur moyenne annuelle en lithium du concentré de mica.

Tout changement de méthode d’exploitation ou toute incidence environnementale négative substantielle non anticipée doit être notifié au ministre et peut constituer une modification substantielle au sens de l’article L. 114-5-1 du code minier. Le concessionnaire doit en outre mener, à son initiative et pendant toute la durée du titre, une concertation avec les collectivités, les citoyens, les associations, les organisations syndicales et les entreprises, et mettre à disposition un résumé annuel du suivi des impacts.

Du minerai à l’usine de Saint-Victor

Le cahier des charges verrouille la destination du minerai : le concentré de mica lithinifère doit alimenter l’unité de conversion de Saint-Victor, portée par la société Imerys Lithium France (SIREN 825165574), à hauteur de la capacité de production de cette usine. Le lithium produit a vocation à alimenter la chaîne de valeur des batteries française et européenne.

Pour l’étain, le tantale et le niobium, le concessionnaire devra communiquer au préfet, au plus tard au dépôt de chaque demande d’autorisation d’ouverture des travaux, les modalités détaillées de valorisation et la maîtrise de leurs impacts environnementaux. Les travaux d’exploration font l’objet d’un compte rendu annuel avant le 31 mars, et une étude de cadrage sur les possibilités d’extension du gisement devra être remise au plus tard dix ans avant l’échéance du titre.

Publicité et information locales

Le décret sera notifié à IMERYS BEAUVOIR par les soins du préfet de l’Allier. Un extrait sera affiché aux préfectures de l’Allier et du Puy-de-Dôme ainsi qu’aux mairies de Nades, Échassières, Lalizolle et Servant, publié aux recueils des actes administratifs et sur les sites internet des services de l’État, et inséré, aux frais du concessionnaire, dans un journal national, régional ou local diffusé sur toute la zone couverte.

Avec ce décret, le projet de lithium de Beauvoir change de statut : il passe du stade de la recherche à celui d’un titre d’exploitation de près de cinquante ans, adossé à une usine de conversion identifiée. Les communes concernées disposent désormais d’un cadre juridique opposable pour suivre les tonnages extraits, les teneurs, les mesures environnementales et la concertation, année après année, jusqu’en 2075.

Source : Journal officiel de la République française, JORF n° 0246 du 21 octobre 2026, décret n° 2026-969 du 20 octobre 2026 (NOR : ECOR2626803D).