Moniteur Belge · 02 Oct 2026 · 24 vistas
Bruxelles ajoute le quartier Gray d'Ixelles aux zones anti-drogue
Por FactBox Admin

Le Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale, B. Dilliès, a ajouté le quartier « Gray », à Ixelles, à la liste des zones soumises aux mesures de police administrative destinées à lutter contre le trafic de drogues. L’arrêté du 18 septembre 2026, publié au Moniteur belge du 2 octobre 2026 sous la référence [C − 2026/006953], complète l’article 6 de l’arrêté du 2 septembre 2026 par un 19° rédigé « quartier « Gray » ». La mesure est entrée en vigueur le jour même de sa signature.
Le dispositif s’inscrit dans la Stratégie Régionale de lutte contre le trafic de stupéfiants et son impact sur la sécurité en Région de Bruxelles-Capitale, approuvée les 27 février et 11 mars 2024 par le Conseil Régional de Sécurité (CoReS). Le socle commun de mesures a été consacré par l’arrêté du 2 avril 2024, puis reconduit par l’arrêté du 2 septembre 2026, dont la liste de quartiers a un caractère évolutif pour tenir compte du déplacement de la criminalité. Trois quartiers y avaient déjà été ajoutés : « Aumale » le 25 octobre 2024, « Parc Elisabeth » le 26 février 2025 et « Marbotin » le 12 décembre 2025.
Une demande communale étayée par la police
Le Ministre-Président a reçu le 28 août 2026 une demande du bourgmestre d’Ixelles tendant à l’ajout d’un nouveau quartier. Celle-ci est étayée par un rapport administratif de la zone de police Bruxelles CAPITALE Ixelles (ZP 5339), transmis aux services de safe.brussels le 7 septembre 2026. Le rapport objective la situation du quartier « Gray » à partir de deux sources complémentaires : les appels à la centrale 101 et les procès-verbaux des services de police, du 1er janvier au 27 août 2025 et sur la période correspondante de 2026.
Stupéfiants : 220 appels concentrés sur un axe
- 220 appels relatifs aux stupéfiants recensés du 1er janvier 2025 au 27 août 2026, dont 77,7 % sur l’axe formé par les rues de la Levure et de la Brasserie.
- 67,3 % des appels portent sur l’usage de stupéfiants en groupe et 28,6 % sur le trafic ou le deal, le phénomène se manifestant principalement dans l’espace public.
- 57,3 % des appels sont enregistrés entre 18h00 et 24h00, avec une concentration marquée entre 19h00 et 22h00.
- Les procès-verbaux recensent 1.675 faits distincts, dont 122 qualifications en matière de stupéfiants (7,28 %) : détention illégale (61,5 %), qualifications générales (19,7 %) et vente sans autorisation (13,9 %).
Violences : une hausse de 42,2 % et un pic en juin
- 479 appels relatifs à des violences ou menaces ; à période identique, leur nombre est passé de 166 en 2025 à 236 en 2026, soit +42,2 %.
- Juin 2026 est particulièrement marqué : 66 appels contre 21 en juin 2025, soit +214 %.
- Les faits consistent en coups volontaires et bagarres (42 %), menaces (16,5 %), menaces avec arme (4,8 %), bagarres en bande (3,8 %) et bagarres avec arme blanche (3,5 %).
- Les procès-verbaux comptent 245 faits de violence sur 1.675 faits constatés (14,6 %), concentrés sur la chaussée de Boondael (50,3 %), la rue Gray (10,9 %), la rue Maria Malibran (6,9 %) et la rue de la Digue (6,9 %).
Incivilités et périmètre d’application
Les incivilités, désordres et atteintes à la tranquillité publique représentent 17,4 % des appels : tapages nocturnes (47,6 %), personnes importunantes (13,5 %), ivresse (12,4 %) et vandalisme (2,8 %). Leur nombre reste stable mais élevé — 417 en 2025 contre 419 en 2026 — ce qui traduit une pression continue sur l’espace public. La chaussée de Boondael demeure le principal point d’attention avec 200 appels (47,7 % du total, +29,9 %), tandis que la rue Maria Malibran passe de 13 à 40 appels (+207,7 %) et la rue de la Digue de 1 à 10 (+900 %).
Ce que la mesure change
L’ajout du quartier « Gray » rend applicables les mêmes mesures que dans les autres quartiers désignés :
- interdiction de vente de boissons alcoolisées à emporter par les commerces durant certaines heures ;
- interdiction de consommation sur la voie publique et des distributeurs automatiques de boissons alcoolisées dans les lieux publics ;
- interdiction de se rendre dans des espaces publics et zones adjacentes dans le seul but d’acheter des drogues illicites ;
- contrôles d’identité, fouilles de sécurité et saisies administratives par les services de police.
Il revient au bourgmestre d’Ixelles de définir le périmètre exact du quartier dans une ordonnance de police. Les mesures sont géographiquement circonscrites et limitées à la durée de validité de l’arrêté du 2 septembre 2026, applicable jusqu’au 2 mars 2027 inclus. Un recours en annulation peut être introduit devant le Conseil d’État dans les 60 jours de la publication au Moniteur belge.
Pour les habitants et les commerçants d’Ixelles, l’arrêté signifie concrètement des contrôles renforcés et des restrictions horaires dans un périmètre qui reste à fixer par la commune, sur fond de dégradation documentée de la sécurité aux abords de la chaussée de Boondael et de la rue Gray.
Source : Moniteur belge du 2 octobre 2026, p. 52805, [C − 2026/006953].